• Auteur : 

    Francisco de Goya 

    Titre : 

    ''Tres de Mayo''

    Date :

    1814

    Dimensions de l'oeuvre : 

    354 x 266 cm

    Lieu de conservation : 

    Musée du Prado, Madrid 

    Peinture : 

    Huile sur toile

    Impression d’ensemble :

    Une impression de mouvement, de passion, de désespoir, l’impression d’un sacrifice, d’une scène horrible. La scène semble avoir été saisie sur le vif (alors qu’elle a été composée dans l’atelier du peintre). 

    Décors :

    Scène en « extérieur nuit » : un talus (le mont Pio) au bord d’une route, (cachée pour commettre le massacre) en dehors d’une ville (Madrid) dont on distingue les constructions et une église derrière. Ainsi les Français voulaient tenter d’éviter une amplification de la révolte en dissimulant ces massacres.

    La palette du peintre :

    Des couleurs chaudes : rouge et jaune vif, contrastant avec les bruns et gris sombres en dégradés du fond et du décor (à peine suggéré). Le personnage central est en blanc, symbole de pureté, le rouge est celui du sang, de la violence.

    Lumière :

    C’est une scène de nuit au fond sombre ; la lumière vient d’une grosse lanterne au centre, donc contrastée par rapport au fond ; elle éclaire les Espagnols et surtout le personnage en blanc qui va être fusillé ; les soldats (bourreaux) sont à contre-jour, du côté obscur.

    Composition :

    Le regard est attiré vers le personnage central : le plus grand, le seul à montrer son visage, désigné par la ligne des fusils. Il fait penser au Christ (posture, vêtements, sacrifice).

    Le personnage central est à genoux au milieu de ceux déjà exécutés. Il peut être identifié au Christ avec ses mains en croix et ses mains percées (les stigmates du christ). La colline fait penser au mont Golgotha (dans la bible, montagne où a été torturé le Christ pendant la Passion) et le chemin suivi par les condamnés au chemin de croix. Couvert d’une chemise blanche, symbole de pureté, d’innocence, illuminé par la lanterne, le personnage à une dimension sacrée. Son visage exprime sa souffrance mais aussi celle du peuple espagnol pour sa liberté.

    A gauche de l'oeuvre il y a les espagnols en vêtements simples et civils, sans armes, des gens du peuple (un moine tonsuré), exprimant le désespoir, courbés, agenouillés et se cachant les yeux; deux cadavres; le fusillé les bras en croix et à genoux regardant en face les fusils.

    A droite de l'oeuvre nous pouvons voir des soldats napoléoniens en uniformes avec un sac à dos et des fusils, ils sont en position de tir; on ne voit pas leurs visages car ils sont de dos, ils sont inhumains, gris et cruels.

    Conclusion : 

     

    Les tableaux de Goya ont une force émotionnelle extraordinaire. Ils dénoncent à la fois les horreurs de la guerre et la férocité de la répression fasse à la révolte d'un peuple. C'est l'humanité persécutée par la barbarie. C'est l'image du peuple espagnol uni et fier jusqu'à la mort dans la défense de la liberté et de sa patrie.