• Oeuvre 1 Si c'est un homme

    Analyse d'oeuvre littéraire : Si c'est un homme

    Oeuvre 1 Si c'est un homme

    Version italienne :  

    Shemà

    Voi che vivete sicuri
    Nelle vostre tiepide case,
    Voi che trovate tornando a sera
    Il cibo caldo e visi amici :

    Considerate se questo è un uomo
    Che lavora nel fango
    Che non conosce pace
    Che lotta per mezzo pane
    Che muore per un si o per un no.
    Considerate se questa è una donna,
    Senza capelli e senza nome
    Senza più forza di ricordare
    Vuoti gli occhi e freddo il grembo
    Come une rana d'inverno.

    Meditate che questo è stato :
    Vi comando queste parole.
    Scolpitele nel vostro cuore
                                                                Stando in casa andando per via,
    Coricandovi alzandovi ;
                                                      Ripetetele ai vostri figli.

                                                      O vi si sfaccia la casa,
                                                      La malattia vi impedisca,
                                                      I vostri nati torcano il viso da voi.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    1 Présentation générale de l’œuvre

    - Titre :Si c'est un homme

    - Auteur : Primo Levi est un auteur italien juif né en 1919 et mort en 1987. Il est très connu pour ses témoignages et ses romans sur le système concentrationnaire. Un de ses romans les plus connus, Si c'est un homme, est son autobiographie dans le camp de concentration d'Auschwitz.

    - Date de création de l’œuvre : 1947

    - Contexte Historique : Cette œuvre se passe dans le contexte historique de la Seconde Guerre Mondiale, plus précisément des camps de concentration.

    - Sujet de l’œuvre : Cette œuvre parle de l'expérience des camps de concentration.

    -Mouvement/Genre artistique de l’œuvre : cette œuvre est un poème engagé.

     

    2. Description de l’œuvre

     

    Il s'agit du poème au début du livre éponyme, un roman autobiographique sur la détention au camp d'Auschwitz.

    Ce poème a une seule strophe. Elle est composé de 23 vers. Ce sont des vers libres. Il n'y a pas de rime.

    La version originale du poème est fait de 4 strophes, la première offre l'image de la chaleur, la deuxième la compare aux détenus des camps de concentration, la troisième est consacré à la mémoire et la dernière est une malédiction.

    Le titre italien de ce poème est Shemà, qui signifie en hébreu « écoute ». Ce titre provient de la Bible, plus précisément d'une prière du Deutéronome très pratiqué par les juifs (ch. 6, vers. 4-10)

    Le poème ressemble beaucoup à ce texte fondateur, essentiellement grâce aux paroles. Il reprend l'idée du Deutéronome (prière de célébration), preuve qu'il assume sa culture juive.

     

    Le pronom personnel « vous » du premier vers désigne l'ensemble de la société. « Vous qui » interpelle le lecteur et lui donne l'impression d'être directement concerné, qu'on l'interpelle. Cela lui donne un sentiment de culpabilité et de tristesse. Il a l'impression d'être accusé.

    Ce poème oppose le cas de ceux qui ont été déporté et de ceux qui ne l'ont pas été. Levi accorde de l'importance au devoir de mémoire.



    Le poème est divisé en 4 parties : -la vie des civils

    -les conditions de vie des déportés

    -le devoir de mémoire

    -la malédiction

     





    3. Analyse de l’œuvre

    - Quel est le message de l’auteur ?

    Du vers 1 à 4, Levi parle de la vie tranquille des civils. Il insiste particulièrement sur le confort : « bien au chaud » et la « table mise ». Il ajoute aussi la notion de possession : « vos maisons ».

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    • Du vers 5 à 14, Levi montre la vie des déportés. Avec la question « Considérez si c'est un homme » montre que Levi parle de la déshumanisation. Il demande si ces personnes sont vraiment des hommes et des femmes car ils sont traités comme des moins que rien et sont constamment humiliés.
      Il évoque la dureté des conditions de vie et présente l'homme comme un souffrant. La tournure négative montre que c'est quelque chose de constant. Il n'oublie pas d'évoquer les souffrances que sont la faim et la mort.

    • L'expression « pour un oui, pour un non » marque l'absurdité des faits.

    • Il évoque ensuite le cas des femmes. Elle est atteinte dans son identité du fait qu'elle a « perdu son nom ». Elle perd aussi sa féminité étant donné qu'elle a les « cheveux rasés ».

    • Levi connote l'idée du néant, la femme est réduite à rien : « yeux vides ». Il met aussi en évidence sa stérilité : « sein froid », « comme une grenouille en hiver ».

    • Levi exprime les deux types de souffrances dans cette partie, les souffrances physique et morale. L'homme souffre physiquement et la femme moralement.

    • Cette partie contraste énormément par rapport à celle d'avant. Levi compare les deux parties. Il parle de ce que les prisonniers ne peuvent pas avoir : « chaud dans vos maison », la « table mise »... C'est une idée de dénuement total.

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    • Du vers 15 à 20, Levi parle du devoir de mémoire. Il évoque dans ces vers une prière du Deutéronome, qui parle de se souvenir et de transmettre notre savoir à nos enfants. Il parle de ce devoir pour ne pas oublier ce qu'il est arrivé à ces gens.

    Du vers 21 à 23, Levi lance une malédiction à ceux qui ne respecte pas le devoir de mémoire. Cela donne un effet de froideur sur le texte.

    Levi voulait susciter un sentiment de tristesse et de honte. Il voulait qu'on se souvienne et qu'on n'oublie pas ce passage de notre histoire.

    -Levi a utilisé des figures de style. Celle qui marque le plus est l'anaphore « Considérez si c'est... ». Il nous demande si ces personnes, à qui on a tout enlevé, sont réellement des personnes.

    - A son époque, cette œuvre ne connut pas un grand succès parce que les gens ne sont pas prêt pour prendre conscience de la Shoah. Quelques années plus tard, il connut le succès suite à une exposition sur les camps. Pour moi, cette œuvre m'a permis de réaliser à quel point la paix peut être instable et à quel point l'humain peut commettre des choses atroces à ses semblables.

     

    Conclusion  / ouverture :

      • On peut faire un lien avec « Les naufragés et les rescapés » du même auteur.

      • J'ai beaucoup apprécié cette œuvre parce que je la trouve très marquante dans sa façon d'être écrite et qu'elle m'a fait prendre conscience de certaines choses.